De bonne heure et de bonne humeur par un radieux vendredi 13 avril, Damien et Hélène (votre dévouée scribe), membres d’Eufro, se retrouvent sur le quai du RER B à Gare du nord.
Damien était déjà fort marri car le taxi qui était venu le chercher à son domicile lui avait d’office facturé 13€ pour le déplacement, avant même de commencer sa course. C’est donc avec une rancœur contre les taxis bleus que le pauvre Damien entama le voyage.



Une fois à l’aéroport, l’enregistrement se passe lentement, mais se passe. Nous découvrons avec stupeur que non, rien de rien, non rien de liquide n’est autorisé dans le bagage à main. Nous voilà obligés de nous séparer de notre unique bagage contenant shampooing, produit pour lentilles de contact et autres substances hautement dangereuses. On imagine en effet la panique que pourrait provoquer parmi les voyageurs la vue d’un tube de dentifrice… Tout le monde à terre, j’exige que l’avion nous emmène à Hawaï où je brosse les dents du pilote !



Bref, moult contrôles plus tard, nous voilà sur le point d’embarquer à bord de l’appareil.
Ah oui, au fait, on dit en effet appareil et non pas avion, ce qui fait un peu peur quand on pense appareil photo, appareils ménagers, appareil dentaire… On a pas pour habitude de faire fonctionner des appareils au kérosène, m’enfin…
Donc, sur le point de, dernière vérification du passeport et des billets, une hôtesse demande à Damien : vous avez 25 ans Monsieur ? Bingo répond l’intéressé, et c’est là qu’on découvre qu’il se trouve en possession d’un billet au tarif moins de 24 ans ! Il a fallu batailler un peu pour leur faire comprendre que les billets ayant été achetés en boutique (ce qui coûte quand même 22€ de plus que sur Internet), et avec la bonne date de naissance, faudrait pas déconner !
Cet incident réglé, Damien commence à se demander si il n’a pas la poisse, mais une fois dans l’avion, le spectacle des alpes enneigées suffit à lui faire tout oublier.





A ce stade, vous ne savez toujours pas où nous nous rendions, il est temps de vous dévoiler notre destination : Sankt-Pölten, via l’aéroport de Vienne. Il a été décidé de nous envoyer enquêter sur ce que pense de l’Europe la population de cette ville de 50 000 habitants, jumelle de Clichy. Par la même occasion, nous avons pu rencontrer Hermann, un des artistes conviés le 9 mai pour Twinz’ARts.
Voilà les deux envoyés spéciaux qui arrivent à Vienne. Mon sac est lui aussi arrivé à Vienne, de même que les 150 passagers de l’avion et leur bagages respectifs, oui tout le monde est bien arrivé sauf…. Le sac de Damien ! Pour le coup, il devenait clair que ce vendredi n’était pas 13 pour rien ! Des tas de magazines dans l’aéroport vantait ce jour de chance en expliquant comment le rendre inoubliable, tu parles…



Information prise, il s’est avéré que ledit sac était resté… À Paris ! Ben voyons !
Le service bagage et son équipe de fins psychologues expliquent à Damien qu’il reverra son sac dans la journée à l’hôtel, ou au plus tard le lendemain matin.
Donc, nous partons en bus jusqu’à la gare puis en train pour Sankt Pölten. Il y a plusieurs types de train qui relient les deux villes. Il y a ceux qui sont directs et mettent 40 minutes. Et puis il y a les autres. Sans le savoir, nous en avons pris un autre. Le paysage là bas est tout ce qu’il y a de plus charmant, petits villages aux maisons colorées et spacieuses au milieu des hautes collines, de la verdure à foison, bref, tout ce dont un parisien peut rêver pour passer un bon week-end !



Au bout de 45 minutes, nous trouvons quand même ça étrange toutes ces stations où le train s’arrête sans que personne ne monte ni descende, et c’est alors que l’évidence nous est apparue : nous nous trouvions dans un tortillard et n’étions pas près d’arriver !
Après une heure et demi de petit train, la gare de Sankt Pölten telle une terre promise fut enfin annoncée, Doris nous y attendait comme prévu. Doris, c’est la personne qui s’occupe entre autre du jumelage à la mairie de Sankt Pölten, une femme très chaleureuse, très gentille. Elle nous a fait faire un petit tour de la ville et nous a remis entre les mains d’Hermann avant de s’éclipser.



Nous avons enfin pu poser nos affaires à une terrasse de la très jolie place principale, commander une bonne bière et à manger : nous étions partis à 5h de chez nous; il était 13h30 et nous étions enfin arrivés !!!



Les choses sérieuses ont commencé un peu plus tard, un fois passés chez Hermann récupérer la caméra. Au hasard de la rue, nous avons interviewé des personnes de tous âges et origines au sujet de l’Europe, du jumelage et de la France : ce qu’ils en pensaient, si ils connaissaient Clichy, les autres villes jumelles de Sankt Pölten, l’hymne européen, des artistes français etc. A cette dernière question les réponses les plus farfelu ont été données comme par exemple Van Gogh ou Picasso !



Sans grande surprise, personne ne connaissait Clichy, plus étonnant par contre quelques personnes connaissaient l’hymne européen (l’Hymne à la Joie de Beethoven et non pas YMCA !), et les plus enthousiastes vis à vis de l’Union Européenne ont été ceux qui venaient de pays n’en faisant pas partie ! Presque personne n’avait entendu parler de la Journée de l’Europe, c’est là qu’on s’est dit que en effet y’a du boulot ! Peut-être faudrait-il faire de cette journée un jour férié comme l’a suggéré une demoiselle…

Petite parenthèse, la malchance a continué pour Damien, elle a pris cette fois l’apparence d’un clou, unique en son genre dans une petite rue, ce clou a rencontré la veste de Damien et l’a agrémenté d’un joli petit trou !



Suite à ces interviews, nous sommes allés à l’auberge de jeunesse pour découvrir, enfer et damnation, que de notre chambre nous avions une vue imprenable sur la voie ferrée et que nous entendions très distinctement les annonces micro en allemand ainsi que les trains s’arrêter et repartir !



A part ça, c’est vrai que cette petite auberge était neuve et propre…
Le soir, la faim nous pousse à nous balader en ville, dans une atmosphère très nauséabonde : On a d’abord cru que quelqu’un avait vomi partout, mais non, c’est la faute à l’usine de textiles qui se trouve à quelques kilomètres de là !
On se dégotte un petit coin à la terrasse d’un kebab où je me suis fait servir une assiette végétarienne avec de la viande (!) et des lamelles de fromage qui aurait normalement du arriver dans le sandwich de Damien puisque c’était lui qui les avaient demandées mais bref passons !



Toutes ces épreuves nous ayant épuisés, nous nous sommes couchés très tôt, bercés par le doux bruit des trains de marchandises qui ont circulés toute la nuit.



Le lendemain matin, ô joie, ô bonheur, le bagage de Damien arrive enfin !


(Traduction: « Ici habite un gagnant »)



Propres et frais, nous partons pour une ballade à la découverte de Sankt Pölten :









Vieille ville, Klangtürm (tour des sons, lieu d’expérimentation sonore), rivière et... ... ... par un hasard, incroyable, nous repérons sur la carte une rue de Clichy ! Nous la découvrons derrière le centre administratif, petite et bordée de parc et jardins !



Quelle émotion ! Vérification faite, il n’y a pas de rue Sankt-Pölten à Clichy…



Nous retrouvons ensuite Hermann pour une nouvelle série d’interviews. Au fait, qui est Hermann ? Après avoir des études multimédias, il a gagné le prix Youngster of Arts qui récompense chaque année de jeunes artistes de la ville dans différentes disciplines.



Il a ensuite créé son entreprise, Open Blend, qui propose de faire des clips musicaux, des spots d’entreprises et tout type de travaux vidéo.



Hermann a deux iguanes, il fume des parisiennes (!), et c’est quelqu’un de formidable!



Son intérêt et son aide pour le projet Twinz’ARts sont une vraie source de motivation pour nous et pour la suite de l’action.
Mais reprenons le fil de notre récit…

Vers 14h, le maire de la ville, Herr Stadler nous fait l’honneur de nous recevoir en personne autour de quelques cadeaux aux couleurs de Sankt Pölten et d’un verre de vin. Il nous raconte une bonne blague au sujet du cas Georges W. Bush et nous prenons quelques photos avec lui dans son bureau, la classe ! Nous sommes touchés par son accueil simple et chaleureux.





Nous voilà repartis avec Hermann pour la deuxième partie du travail : choisir les morceaux d’interviews que nous voulons garder pour présenter le reportage à Clichy lors de Twinz’ARts et surtout traduire toutes ces discussions de l’allemand vers le français !



Nous nous transformons donc toute l’après midi en doubleurs improvisés et malgré l’aide de l’ami Bernd, je vous raconte même pas à quel point ça a été difficile ! Entre les accents allemands carabinés des uns et des autres et les blagues impossibles à traduire, on est restés la dessus jusqu’à deux heures du matin !



Malgré la fatigue nous décidons d’accompagner Hermann et ses amis à une fête, histoire de tâter le pouls de Sankt Pölten by night.
Son electro, ambiance underground, amicale et festive, nous dansons un peu mais très vite la fatigue reviens au galop. Nous prenons donc congé et rentrons en taxi avec un type qui n’arrête pas de baragouiner des trucs bizarres au sujet des français !
Un peu tristes de quitter Hermann, nous allons nous coucher et après une courte nuit, nous repartons pour Vienne.
Avant de reprendre l’avion nous avons juste eu le temps de faire une petite balade dans cette ville paisible, pleine de monuments et de bonhommes qui font de la pub pour le spectacle du soir à l’opéra.









Le voyage retour s’est bien déroulé, sans incident cette fois, par contre, nous n’avons pas revu les Alpes… La montre de Damien qui s’est arrêtée dans l’avion à l’aller indique toujours 9h25…